Amérique du Sud
Pas le temps de trainer a Bogota, la mere et la tante de Marga nous informent qu en ce moment, a Medellin, se deroule la fete des fleurs et que 2 de ses cousisns s y trouvent.
La grand mere insiste car c est une tres bonne occasion de visiter une des soeurs de Jaime, tante Ligia, qui depuis ses 18 ans ( elle en a 56 aujourd hui) est devenue soeur dans un couvent et que presque personne ne visite.
Le couvent se trouve a 40 minutes en bus du centre de Medellin dans un quartier nomme Estrella. Le chauffeur nous depose sur une petite place animee ou nous demandons la direction du couvent. Les 2 premieres reponses sont vagues car en fait nous apprenons que plus de 30 couvents, d ordre tous differents, ont investi le lieu. Heureusement, Marga connait le nom de l ordre de sa tante "Madres conceptionistas de la clausura" et une soeur d un autre ordre, croisee sur la place nous y conduit.
Nous sonnons et la soeur de service nous conduit dans une petite salle, coupee en son milieu par un mur de 1 metre de haut sur lequel est implante une grille blanche jusqu au plafond.
La tante Ligia arrive, toute radieuse de la visite de sa niece, et nous commencons a parler a travers la grille, element symbolique qui entretient la separation entre les soeurs et le monde exterieur. C est que Tante Ligia a fait, comme la vingtaine de ses semblables vivant dans l enceinte du couvent, voeux d isolement et ne sort jamais de celui-ci.
Seules 3 soeurs sont autorisees pour les besoins de fonctionnement du couvent a le quitter pour faire principalement les courses et les obligations administratives. Deux bons de sortie exceptionnels sont donnes a tout membre de la communaute pour assister a l enterrement de leurs parents.
Marga fait une revue detaillee de toutes les informations qu elle possede sur les 70 et quelques membres de la famille pour le plus grand plaisir de sa tante. Celle-ci nous quitte pour une priere en nous ayant prealablement offert le gite et le couvert.
Le soir venu, un repas copieu nous est servi et Tante Ligia nous rejoint de l autre cote de la grille pour discuter. Celle- ci nous convie a la messe de 6h30 du lendemain matin...Marga decline calmement... nous sommes encore fatigues du decalage horaire !!
A 10 h, extinction des feux et nuit paisible dans ce couvent, perche comme ses 30 congeneres, un peu au dessus de Medellin, ville au climat accueillant et dite de l eternel printemps.
A 6h30 nous sommes reveilles par les vocalises des soeurs qui envoient leurs permiers messages du jours a Dieu.
Une heure plus tard, un bon petit dej nous est servi et nous repondons aux questions de 15 soeurs, invites par Tante Ligia.
L explication des variations climatiques en France passionnent celles-ci qui ont ete interloquees par notre canicule tueuse de l ete 2003.
On m interroge sur mon plat favori en France et c est par la description de la raclette que nous prenons conges de Tante Ligia, ses soeurs et son couvent bien agreable.
En soiree, la derniere etape de notre premiere journee a Bogota passe par la calle 127 ou se trouve la maison des grands parents. Le quartier est cossu et des gardes surveillent a toute heure l entree et le passage des visiteurs.
A l interieur de l habitation, la concurrence est rude pour la decoration et les portraits 1m*1m de Jesus, tous les uns les plus colores que les autres, ne laissent place que rarement a une photo d un des 70 et quelques membres de la famille.
La photo la plus remarquable est une photo de famille ou l une des 50 tetes a ete decoupee au ciseau et remplacee par une autre. L explication est simple, une des tantes de Marga ayant divorce, elle a tenu a enlever la tete de son ancien mari de ce portrait familial. Soucieuse de ne pas laisse un blanc guillotinesque, elle a pris le premier catalogue venu, en a decoupe le portrait d un mannequin de hazard et la collee a la place du mari a oublier.
Apres avoir devore un bon morceau de papaye et bu un jus de fruit de Lulo maison, nous prenons la route du centre ville.
Ce n est pas une affaire de circuler dans Bogota, megalopole de plus de 7 millions d habitant, s etalant sur plus de 50 kilometres et congestionnee en permanence par d incroyables bouchons.
Cependant depuis un peu plus de 4 ans, les choses se sont grandement ameliorees grace a un miracle appele TRANSMIILENIO. Ce projet a ose prendre 4 files sur les 8 files voitures de 3 arteres principales de la ville, pour les dedier au bus (on se croirait a Rivoli).
Ainsi, meme aux heures les plus noires de la circulation quotidienne, les TRANSMILENIO rouges foncent et ne stoppent que quelques secondes a chaque arret, le temps pour les voyageurs de monter ou de descendre.
Nous mettons quand meme une grosse demi heure pour rejoindre la calle 11 (rue 11) ou sont situes les magaisn de la famille GOMEZ. La calle 11 est une rue grouillante, ou une suite de magasins offrent a la vue , un amoncelement de camelotes heteroclites, jouets, bijoux, electromenagers en tout genre...
Plusieurs petites galeries commerciales coupent cette rue et c est a l entree de l une d elles, apres quelques escaliers, que nous debouchons dans la mercerie de Gloria, la maman de Marga.
Ici tout est range, ordonne et mis en valeur. Des tissus de toutes les couleurs cotoient des fils brodes, des rubans de soie alors que derriere la vitre du comptoir, des boutons de toutes taille rivalisent d originalite.
Un peu plus loin dans la rue, nous entrons dans le mqgasin de Jaime, pere de Marga. Il a commence, il y a un peu plus de 30 ans, une activite de grossiste en produits de mercerie. Aujourd hui les affaires sont beaucoup plus tendues, d autres magasins comme le sien ce sont installes a proximite et l arrivee massive des produits chinois dans ce commerce, exacerbe la concurrence des prix.
A midi,nous nous rendons dans un petit restaurant du quartier et dans un decors typique de la region Antoquieña, region natale de Jaime, je goute une bandeja paysa, plat que les paysans du coin ingurgitent le matin et qui leur donne la force de travailler aux champs toute la journee.
La bandeja paysa est pour le moins un plat qui tient au corps : lentilles, riz, bannane douce, avocat, lard et peau de cochon grilles, petites galettes de mais dites arepas, oeuf a la coque, viande de boeuf hachee la composent.
Delicieuse et savoureuse....mon appetit ne fera reapparition que tardivement dans la soiree, n ayant pas travaille aux champs ce jour-la, le restant de la journee ayant ete consacre a la viste de 5 a 6 cousins (il en reste 40 a voir) et de 4 tantes sur les 14 freres et soeurs que compte Jaime.
27 juillet
Nous arrivons le 27 juillet au soir a Bogota apres deux escales a Madrid et Caracas.
Jaime, Gloria, et leurs 2 filles Andrea, et Daniela sont venus nous accueillir . Apres une heure de route, nous arrivons a la maison familiale ou nous attend l ainee, Cristina et le chien Tomi qui nous saute dessus en nous envoyant des paquets de poils blancs.
Nous passons une bonne nuit et nous levons a huit heures, le decalage horaire est deja digere
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